Frontière ivoiro-malienne : un village malien et un village ivoirien entrent en guerre: Des morts, des blessés

Le village de Touroudio, situé à environ 30 kilomètres de Goulia, à la frontière ivoiro-malienne, a été le théâtre d’affrontement sanglant entre les populations ivoiriennes de Touroudio et maliennes de Sirakoro. Le bilan fait état de cinq personnes blessées par balles côté ivoirien, transportées d’urgence au Centre hospitalier régional (CHR) d’Odienné.

Coté malien, les personnes jointes au téléphone sur place parlent de quatre morts et quelques blessés. Au CHR d’Odienné, les blessés, Cissé Souleymane, Cissé Drissa, Cissé Yacouba, Traoré Moussa et Kourouma Moriba ont été pris en charge par le conseil régional du Folon.

Accompagnant les blessés et habitants de Touroudio, Cissé Issa était sur le champ de bataille. Il a accepté de nous raconter comment les populations des deux villages voisins de part et d’autre de la frontière en sont arrivées aux armes.

«Sirakoro et Touroudio vivaient en parfaite harmonie jusqu’à la crise ivoirienne de 2002 où les populations de Sirakoro ont profité de la situation pour installer certains de leurs frères maliens appelés les ‘’miangas’’ sur nos terres. Lorsque ces derniers ont commencé à faire des champs d’anacardier, nous leur avons demandé d’arrêter ou de quitter nos terres. A la fin de la crise, ils ont été délogés par nos forces de défense et de sécurité. Depuis lors, ce sont des menaces de mort que nous recevons des populations de Sirakoro et ils vont même parfois chasser nos agriculteurs des champs sur nos terres, en territoire ivoirien. Début juin 2017, un grand groupe de personnes venues de Sirakoro ont détruit des champs d’anacardier de Touroudio de près de 28 hectares. Après un constat de la direction départementale de l’Agriculture de Kaniasso et l’intervention des sous-préfets de Goulia et de Manakoro, les dégâts ont été estimés à six millions de francs Cfa. Un délai de deux semaines a été donné aux populations de Sirakoro pour le dédommagement. Le délai s’est écoulé sans aucune réaction de la part de nos voisins de Sirakoro. Nous avons donc décidé d’entreprendre des patrouilles pour éviter de nouveaux dégâts. Résultat, on a saisi deux troupeaux de bœufs de 86 têtes sur notre territoire», a expliqué ce témoin.

«Ce jeudi 29 juin 2017 vers 9 heures, une femme de Sirakoro s’est rendue au domicile de notre chef de village, disant venir demander pardon afin que les palabres entre les deux villages cessent. Ce geste nous a paru étrange. Quelques temps après, nous nous sommes rendu compte que c’était une manœuvre de diversion. Ils ont ouvert le feu sur les populations de Touroudio juste à quelques 300 m du village avec des fusils de chasse calibre 12. Nous avons riposté et nous les avons chassés jusqu’à ce qu’ils traversent le fleuve Sangbani qui sépare les deux villages», a-t-il poursuivi son récit.

Ivoire Matin


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