Robinson Crusoé: Résumé et analyse des chapitres XXVIII à XXXI

Résumé: Chapitre XXVIII – Nous saisissons le navire

Après avoir vaincu les mutins, Crusoé décide qu’il est temps de s’emparer du navire et il informe le capitaine de ses plans. Le capitaine est d’accord. Crusoé et le capitaine intimident les mutins captifs avec un rapport fictif selon lequel le gouverneur de l’île a l’intention de tous les exécuter mais pardonnerait à la plupart d’entre eux s’ils aidaient à saisir le navire. Pour garantir les promesses des hommes, Crusoé garde cinq otages. Le plan fonctionne: le capitaine rebelle du navire est tué et le navire est récupéré. Lorsque Crusoé aperçoit le navire, il s’évanouit presque sous le choc. En signe de gratitude, le capitaine offre à Crusoé des cadeaux de vin, de nourriture et de vêtements. Les mutins se voient offrir la possibilité de rester sur l’île afin d’éviter certaines exécutions pour mutinerie en Angleterre. Avec gratitude, ils acceptent. Le 19 décembre 1686, Crusoé monte à bord du navire avec son argent et quelques biens et met les voiles pour l’Angleterre après vingt-huit ans sur l’île. De retour en Angleterre, Crusoé découvre que la veuve qui a gardé son argent est vivante mais pas prospère. La famille de Crusoé est morte, à l’exception de deux sœurs et des enfants d’un frère. Crusoé décide de se rendre à Lisbonne pour chercher des informations sur ses plantations au Brésil.

Résumé: Chapitre XXIX – Je trouve ma richesse tout sur moi

Il est impossible d’exprimer ici les battements de mon cœur même. . . quand j’ai trouvé toute ma richesse sur moi.

Arrivé à Lisbonne, Crusoé regarde son vieil ami et bienfaiteur, le capitaine portugais qui l’a emmené le premier au Brésil. Le capitaine portugais dit à Crusoé que ses terres brésiliennes ont été placées en fiducie et ont été très rentables. Le capitaine est redevable à Crusoé d’une somme importante qu’il rembourse partiellement sur place. Crusoé, ému par l’honnêteté du capitaine, rend une partie de l’argent. En obtenant une lettre notariée, Crusoé est en mesure de transférer ses investissements brésiliens en son propre nom. Il se retrouve en possession d’une grande fortune. Crusoé envoie des cadeaux en argent à son amie veuve et à ses deux sœurs. Tenté de déménager au Brésil, Crusoé se prononce contre l’idée car il hésite à devenir catholique. Il décide de retourner en Angleterre, mais il refuse de voyager par mer, retirer ses bagages de trois navires différents au dernier moment. Il apprend plus tard que deux de ces navires sont soit pris par des pirates, soit fondus. Crusoé décide de se rendre à terre, rassemblant un groupe de voyageurs d’Européens et de leurs serviteurs.

Résumé: Chapitre XXX – Nous traversons les montagnes

Crusoé et son groupe partent de Lisbonne et atteignent la ville espagnole de Pampeluna (Pampelune) à la fin de l’automne, et Crusoé trouve le froid presque insupportable. La neige est excessive, obligeant le groupe à rester plusieurs semaines à Pampelune. Le 15 novembre, ils se dirigent enfin vers la France, malgré les intempéries. Ils rencontrent trois loups et un ours dans les bois. Vendredi tue un loup et chasse les autres. Vendredi amuse également le groupe en taquinant l’ours avant de le tuer. En continuant, le groupe rencontre un cheval effrayé sans cavalier, puis trouve les restes de deux hommes qui ont été dévorés par des loups. Trois cents loups entourent bientôt le groupe de Crusoé. Le groupe tire sur les loups et les effraie avec une explosion de poudre à canon, les chassant finalement. Arrivé enfin à Toulouse, en France, Crusoé apprend que l’évasion de son groupe des loups était pratiquement miraculeuse.

Résumé: Chapitre XXXI – Je revisite mon île

Crusoé atterrit en toute sécurité à Douvres, en Angleterre, le 14 janvier . Il dépose ses effets personnels chez son amie veuve, qui prend bien soin de lui. Crusoé envisage de retourner à Lisbonne et de partir de là au Brésil, mais il est une fois de plus dissuadé par des préoccupations religieuses. Il décide de rester en Angleterre, donnant l’ordre de vendre ses investissements au Brésil. Cette vente gagne Crusoé la grande fortune de 33 , 000 pièces de huit. Puisque Crusoé n’est attaché à aucun membre de la famille et est habitué à une vie errante, il pense à nouveau à quitter l’Angleterre, bien que la veuve fasse tout ce qu’elle peut pour le dissuader. Crusoé se marie, mais après la mort de sa femme, il décide de se diriger vers les Indes orientales en tant que commerçant privé en 1694. Au cours de ce voyage, il revisite son île. Crusoé constate que les Espagnols qui y sont restés ont subjugué les mutins, les traitant avec bonté. Crusoé leur offre du bétail, des fournitures et même des femmes. La colonie a survécu à une invasion cannibale et prospère maintenant.

Analyse: chapitres XXVIII à XXXI

Les derniers chapitres nous obligent à réévaluer l’évasion de l’île dont Crusoé a passé des décennies à rêver. Il est ironique qu’il ait aspiré, comploté et travaillé pour quitter l’île, mais quand il le fait enfin, le retour à la maison semble curieusement insatisfaisant. On pourrait imaginer que l’Europe se sent en sécurité et à l’aise avec lui après son épreuve, mais le contraire est vrai: en Espagne, Crusoé fait face à des intempéries, à un ours et à 300loups affamés. Son île avec son écrin semble positivement luxueuse en comparaison. L’Europe n’offre pas non plus à Crusoé la société humaine dont il a rêvé en tant que naufragé. La veuve et le capitaine portugais sont gentils, mais nous sentons qu’ils ne lui offrent pas l’amour et l’affection intense que vendredi lui montre. Quand Crusoé se marie en Angleterre, il semble indifférent à sa femme, dont il ne prend même pas la peine de nous dire le nom. Bref, sans «pas de famille» et «peu de relations», et peu intéressé à forger de nouvelles relations, Crusoé semble presque aussi isolé en Angleterre que sur son île. Defoe nous invite ainsi à nous demander si Crusoé aurait été plus heureux s’il était resté pour toujours dans son petit royaume et nous fait douter de la valeur du retour à la civilisation que Crusoé pense désirer.

La dimension religieuse de l’épreuve de Crusoé atteint son apogée dans son salut final et sa récompense. Crusoé récupère si facilement sa fortune antérieure – et, en fait, la trouve si immensément multipliée – que la restauration de ses biens ressemble plus à une aubaine miraculeuse – manne du ciel – qu’à une simple bonne chance. Nous sentons que Crusoé imagine que Dieu le récompense pour sa patience dévouée, surtout quand il se compare explicitement à Job: «Je pourrais bien dire maintenant, en effet, que la dernière fin de Job était meilleure que le début. Pour Crusoé, le naufrage, les décennies d’isolement et le sauvetage final n’ont pas été simplement des événements d’une longue histoire d’aventures, comme les enfants le lisent aujourd’hui, mais des éléments d’un récit religieux ou moral d’instruction. Plus précisément, il s’agit d’un conte protestant, mettant l’accent sur les vertus d’indépendance, d’auto-examen, et un travail acharné. Crusoé souligne cet aspect protestant en mentionnant à deux reprises qu’il ne va pas au Brésil parce qu’il devrait s’y convertir et y vivre en catholique. Implicitement, Crusoé fait de sa survie une preuve de l’approbation de Dieu pour sa foi particulière.

L’histoire de Crusoé est souvent lue dans les temps modernes comme une allégorie du colonialisme, et il y a beaucoup dans les derniers chapitres pour défendre ce point de vue. L’assujettissement de vendredi à Crusoé reflète les relations raciales coloniales, en particulier dans la conviction inconditionnelle de Crusoé qu’il aide vendredi en faisant de lui un serviteur. De plus, la terminologie coloniale apparaît. Lorsqu’ils ont affaire aux mutins hostiles, Crusoé et le capitaine les intimident en se référant à un «gouverneur» fictif de l’île qui les punira sévèrement. Cette fiction d’un gouverneur préfigure le gouverneur très réel qui sera sans doute installé sur l’île à terme, puisque Crusoé a apparemment revendiqué le territoire de l’Angleterre. La prospérité de l’île après le départ de Crusoé est soulignée dans le dernier chapitre: ce n’est plus un terrain vague, comme à son arrivée, mais une communauté florissante avec des femmes et des enfants. Cette notion d’apporter triomphalement les bénédictions de la civilisation à un lieu désolé et sous-développé était un thème commun de la pensée coloniale européenne. En effet, Crusoé fait explicitement référence à cette communauté comme «ma nouvelle colonie dans l’île», ce qui nous amène à nous demander s’il la considère vraiment comme sa propre, et s’il s’agit officiellement d’une colonie ou simplement au sens figuré. En tout cas, Crusoé a transformé son histoire de la survie d’un homme en un conte politique rempli de ses propres idées sur l’impérialisme.


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